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Les mécanismes de défense

L'orgueil est une posture de défense contre la honte. La violence ou la soumission sont des postures de défense contre la peur.

Un concept psychanalytique

 

Les mécanismes de défense sont un concept psychanalytique élaboré par Sigmund Freud, et repris après lui par de nombreux courants de psychothérapie et de développement personnel.

Ces mécanismes, le plus souvent inconscients, s'activent pour "lutter contre" (soi ou l'autre) aussitôt que l'on se sent menacé par un danger interne (pensées, émotions, pulsions…) ou externe.

 

À quoi servent-ils ?

 

Les mécanismes de défense visent à la réduction d'une angoisse ou d'une tension pulsionnelle (émotions, sentiments conflictuels…)

 

Leur but est de préserver l'intégrité et l'équilibre psychique de l'être, en protégeant l'image d'un "moi idéal" (ce que je devrais être pour avoir de la valeur et me sentir aimé.e). Tous les moyens seront donc mis en œuvre – de façon plus ou moins adaptée – pour combattre toute situation dans laquelle cette image serait mise à mal, menaçant l'équilibre intérieur, la sécurité et l'estime de soi.

Justement dosés, les mécanismes de défense sont nécessaires à l'équilibre interne d'un individu, mais peuvent, en excès, devenir inadaptés, voire pathologiques. 

Quelques exemples de mécanismes de défense

 

Comme le souligne avec humour G.E. Vaillant, psychiatre américain et grand spécialiste de la question, il existe "autant de défenses que notre imagination, notre témérité ou notre aisance verbale nous permettent d’en inventorier”.

En voici quelques unes : 

L'activisme

Recours à l'action en réponse aux conflits intérieurs ou à une situation externe angoissante, aux dépens de ce que la personne pense ou ressent face à ces événements.

Ex : "quand mon mari m'a quittée je me suis mise à travailler 15h par jour".

L'affiliation

Recherche excessive chez l'autre d’aide, de soutien, d'admiration, pour pallier une situation qui engendre de l’angoisse.

Le sujet se confie, s'exprime, mais sans attendre forcément de l'autre une solution à son problème. Souvent lié à un manque d'estime de soi, le besoin excessif d'affiliation limite les possibilités d'autonomie et la construction identitaire.

Ex : "quand je suis triste, j’appelle ma meilleure amie, on parle un moment, et ensuite ça va mieux ".

Le clivage

Division du monde en deux pôles : blanc/noir, bon/mauvais.

Le clivage permet de scinder un objet (personne, situation angoissante…) en deux : le côté négatif (rejet, peur, impuissance, colère…) et le côté positif (idéalisation, amour, passion, affection) afin de se soustraire à l'angoisse qu'il procure.

Le même objet peut être idéalisé ou déprécié alternativement.

Ex : "je n'ai pas compris qu'il essayait de me faire peur en pointant son couteau vers moi, j'étais perplexe"

ou bien :

"je ne comprends pas comment je peux aimer une personne aussi détestable".

Le déni

Refus partiel ou total d'une réalité interne (pensées, sentiments, désirs, émotions) ou externe (déni des faits ou d'informations qui gênent).

Ex : ”Triste, moi ? Absolument pas ! Qu'est-ce qui vous fait croire ça ?"

L'humour 

Mise en évidence des aspects ironiques, absurdes ou amusants d’un problème pour relativiser une situation dramatique, réduire l'anxiété ou relativiser des tensions relationnelles.

Ex : "regarde ma tête, avec tous ces boutons, je ressemble à une calculette..!"

ou bien "je suis timide mais je me soigne..!".

L'intellectualisation

Recours à l’abstraction et à la généralisation face à une situation conflictuelle qui angoisserait trop le sujet s’il reconnaissait y être personnellement impliqué.

Ex : le père sourd à la colère de son enfant, dira : "en psychanalyse on dit bien qu'il faut tuer le père".

L'introjection

Ce qui est à l’extérieur est interprété comme venant de dedans. 

Par exemple, passage d'une norme (interdits parentaux, normes sociales ou de justice…) de l'extérieur à l'intérieur de soi, jusqu'à se constituer une morale qui nous est soi-disant propre.

Ex : "mon père avait raison de dire que j'étais nul".

La projection

Ce qui est à l'intérieur est interprété comme venant de dehors (inverse de l'introjection). Le sujet attribue à quelqu'un d'autre quelque chose (positif ou négatif) qui lui appartient (pensée, affect, émotion…), afin de ne pas le reconnaître chez lui.

Ex : "ce n'est pas moi qui la harcèle, c'est elle qui ne me lâche pas..!"

La rationalisation

Justification logique, mais artificielle, pour justifier quelque chose qui sans cela serait source d'anxiété. La rationalisation est un mécanisme utile pour restaurer l'image de soi quand on a le sentiment d'avoir mal agi ou d'avoir commis une erreur.

Ex : ”d’accord, je triche, mais les autres le font également"

ou bien : "vous feriez la même chose si vous étiez à ma place".

Le refoulement

Exclusion du champ de la conscience d'un contenu potentiellement dangereux. Le refoulement met à distance mais ne supprime pas ce contenu, qui demeure actif (c'est-à-dire continue à participer à la dynamique psychique du sujet), tout en étant inaccessibles à une prise de conscience.

La réapparition du refoulé, dont les conséquences peuvent être anodines ou pathologiques, intervient en cas d’échec ou d’insuffisance du refoulement.

Ex : "Je ne sais pas…" (récurrent  face à une réponse logique)

ou bien : "je me demande bien pourquoi je m'énerve en ce moment".

La régression

Retour plus ou moins organisé et transitoire à des modes d’expression ou de fonctionnement antérieurs, face à un danger interne ou externe susceptible de provoquer un excès d’angoisse ou de frustration.

Ex : "depuis que la maison a été cambriolée, je ne peux plus dormir sans allumer la lumière dans la pièce d'à côté".

En conclusion...

 

Les mécanismes de défense ont un seul but : permettre à un être de s'adapter à des situations qu'il juge comme dépassant ses ressources ou menaçant son bien-être.

 

Les dysfonctionnement pointent quand l'adaptation tourne à la suradaptation.

 

En d'autres termes, une personne ne souffre pas parce qu'elle a des défenses, mais parce que les défenses qu'elle utilise habituellement s’avèrent à la longue inefficaces, trop rigides, trop fréquentes ou mal adaptées à sa réalité interne et externe.

 

La thérapie apprend à mieux prendre conscience progressivement de son propre processus défensif, et de là, à mieux identifier comment à faire face à des conflits ou à des tensions internes. 

 

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